
Ce samedi 24 janvier 2026, plus de 16 000 candidats espagnols s’apprêtent à passer l’une des épreuves les plus décisives de leur carrière médicale : le test MIR. Voici quelques éléments pour comprendre ce système espagnol unique et comment il se compare au modèle français.
Qu’est-ce que le test MIR ? Définition et concepts clés
MIR : Médico Interno Residente
Le MIR (Médico Interno Residente) est le nom du concours national que tous les diplômés en médecine doivent passer en Espagne pour accéder à une formation spécialisée. En France, nous avons aussi un système d’accès à l’internat, mais celui-ci a beaucoup évolué ces dernières années et présente des différences importantes avec le modèle espagnol.
Le MIR espagnol est un examen sous forme de QCM de 200 questions (plus 10 de réserve) qui détermine l’accès à la formation en tant que résident dans un hôpital public. L’examen se déroule à 14h00 (heure péninsulaire), et les candidats disposent de quatre heures et demie pour le compléter.1
FSE : Formación Sanitaria Especializada
Le test MIR fait partie d’un système plus large appelé FSE (Formation Sanitaire Spécialisée). Pour la convocation 2026, le système FSE comprend au total 12 366 places réparties entre plusieurs professions de santé pour un total de plus de 30 000 candidats.
Les autres tests équivalents au MIR
Le système espagnol ne s’applique donc pas qu’aux médecins. Chaque profession de santé possède son propre concours d’accès à la formation spécialisée :
- EIR (Enfermero Interno Residente) : pour les infirmiers – 2 279 places en 2026
- FIR (Farmacéutico Interno Residente) : pour les pharmaciens – 362 places
- PIR (Psicólogo Interno Residente) : pour les psychologues – 280 places
- BIR (Biólogo Interno Residente) : pour les biologistes – 83 places
- QIR (Químico Interno Residente) : pour les chimistes – 29 places
- RFIR (Radiofísico Interno Residente) : pour les physiciens – 57 places
Tous ces examens se déroulent le même jour, dans les mêmes conditions, mais avec des épreuves spécifiques à chaque discipline2.
Oposiciones : qu’est-ce que c’est ?
En Espagne, le terme « oposiciones » désigne les concours publics pour accéder à la fonction publique. Bien que le MIR soit techniquement un concours-opposition (concurso-oposición), il ne faut pas le confondre avec les oposiciones classiques. Le MIR combine un examen (90% de la note finale) et l’évaluation du dossier académique (10%), tandis que les oposiciones traditionnelles peuvent avoir des structures très différentes3.
Comparaison avec le système français
L’évolution du système français : des ECN aux EDN
Contrairement au système espagnol resté relativement stable, la France a connu une transformation majeure de son accès à l’internat. Depuis 2024, les anciennes Épreuves Classantes Nationales (ECN) ont été remplacées par un nouveau système comportant trois éléments 4,5:
- Les EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales) : des examens écrits qui comptent pour 60% de la note finale et se déroulent dès octobre de la 6e année
- Les ECOS (Examens Cliniques Objectifs et Structurés) : des épreuves pratiques qui représentent 30% de la note et se tiennent en mai
- Le parcours de formation : qui compte pour 10% de la note finale
Une différence majeure : en France, les EDN sont à la fois validantes et classantes. Les étudiants doivent obtenir au moins 14/20 aux connaissances de rang A (connaissances de base nécessaires à tout médecin) pour pouvoir passer les ECOS. En Espagne, le MIR est uniquement classant.
Différences dans le format des épreuves
En Espagne (test MIR) : Un examen unique de 200 QCM portant sur l’ensemble du programme médical, passé en une seule journée.
En France (EDN) : Cinq unités de composition réparties sur quatre demi-journées, alternant entre questions ouvertes et QCM, avec des connaissances hiérarchisées en trois niveaux (rang A, B et C). Les étudiants doivent également passer des épreuves pratiques (ECOS) où ils sont évalués sur dix stations différentes simulant des situations cliniques réelles.

L’actualité 2026 du test MIR : chiffres et nouveautés
Un nombre record de candidats et de places
Pour l’édition 2026, 35 503 candidats ont été admis pour tenter d’obtenir l’une des 12 366 places disponibles dans le système FSE. Pour le MIR spécifiquement, 9 276 places sont offertes pour la médecine, soit 269 places de plus qu’en 2025, établissant un nouveau record historique.
La répartition des candidats montre une forte concurrence : 16 014 aspirants pour 9 276 places en médecine, soit presque deux candidats par place.6
Que deviennent ceux qui échouent au test MIR ?
Face à cette question cruciale, les candidats non retenus ont plusieurs options :
Retenter le MIR l’année suivante : Beaucoup de candidats repassent l’examen, parfois plusieurs années de suite, pour améliorer leur classement et obtenir la spécialité ou l’hôpital souhaité.
Exercer à l’étranger : De nombreux médecins espagnols partent exercer dans d’autres pays européens. Plus de 19 000 médecins formés en Espagne sont partis à l’étranger au cours des dix dernières années, notamment vers le Royaume-Uni, la France ou l’Allemagne.
Travailler dans le privé : Certains trouvent des postes dans des cliniques privées ou des centres médicaux, bien que les opportunités soient plus limitées sans spécialité.
Exercer dans des domaines ne nécessitant pas le test MIR : Médecine du travail, médecine légale, ou certains postes administratifs dans le secteur de la santé.
Il est donc important de noter qu’en Espagne, le MIR peut constituer une véritable barrière pour ceux qui n’obtiennent pas un rang suffisant pour la spécialité souhaitée.
Principales nouveautés du test MIR de 2026
1. La « repesca » : une seconde chance d’adjudication
Pour la première fois en 2026, une seconde ronde d’attribution de places, appelée « repesca », sera mise en place. Ce système, entièrement électronique, vise à couvrir les places qui restent vacantes après que certains candidats aient renoncé à leur première affectation. Cette innovation répond à un problème récurrent : chaque année, des places restaient non pourvues à cause de désistements. 7
2. Réduction du nombre de centres d’examen
Le nombre de sites d’examen passe de 28 à 22, avec la suppression des centres de Gérone, Ciudad Real et Vigo. Toutefois, chaque communauté autonome conserve au moins un centre d’examen.
3. Nouvelle spécialité : Médecine d’Urgences et de Premiers Secours
Une nouvelle spécialité fait son entrée dans le catalogue MIR : la Médecine d’Urgences et de Premiers Secours, avec 82 places prévues. Cette spécialité est particulièrement attendue car l’Espagne était, avec le Portugal, le seul pays européen à ne pas la reconnaître officiellement.8
Comparaison avec la France : En France, la Médecine d’urgence existe comme spécialité depuis 2017 (elle a remplacé un ancien DESC de type 1). Pour la rentrée 2024-2025, 448 postes ont été ouverts en médecine d’urgence, plaçant cette spécialité au 4e rang des plus dotées. La formation dure 4 ans en France.
Attractivité de la spécialité : En France, la médecine d’urgence est une spécialité transversale très prisée qui offre une grande diversité de pratique. Elle permet de travailler dans différents environnements : services d’urgences hospitalières, SAMU, SMUR, médicalisation d’événements, etc. Cependant, elle souffre aussi de conditions d’exercice difficiles (horaires, gardes de 24h, violence, saturation des services) qui provoquent une certaine désaffection.
En Espagne, avec seulement 82 places pour cette première promotion, la spécialité devra prouver son attractivité. La Société Espagnole de Médecine d’Urgences et de Premiers Secours (SEMES – Sociedad Española de Medicina de Urgencias y Emergencias) estime qu’il faudrait entre 500 et 700 places par an pour couvrir les besoins réels du système sanitaire.9
Les controverses et polémiques autour du test MIR 2026
Un processus administratif chaotique
L’édition 2026 du MIR a été marquée par de nombreuses critiques concernant la gestion administrative du Ministère de la Santé :
Retards dans la publication des listes : La liste définitive des candidats admis a été publiée avec un retard significatif, le 15 janvier, soit seulement 9 jours avant l’examen. Normalement, cette information devrait être disponible deux mois à l’avance. Ce retard a généré une grande anxiété parmi les candidats qui étudiaient jusqu’à 12 heures par jour sans savoir s’ils étaient officiellement admis.10
Problèmes techniques lors des inscriptions : Durant la période d’inscription en septembre 2025, le site web du Ministère a connu des pannes répétées, obligeant les autorités à prolonger le délai d’inscription.11
Démission des experts rédacteurs : La majorité des médecins experts chargés de rédiger les questions de l’examen ont présenté leur démission en bloc après des modifications unilatérales de leurs conditions de travail. La rémunération proposée (seulement 5 euros par question) a même soulevé des spéculations sur une possible utilisation de l’intelligence artificielle pour élaborer l’examen.12
Irrégularités procédurales : La résolution confirmant la date de l’examen a été publiée avant la liste définitive des admis, inversant l’ordre procédural normal, ce qui pourrait avoir des conséquences juridiques selon certains analystes.13
Débats récurrents
Au-delà des problèmes spécifiques à 2026, le système MIR fait régulièrement l’objet de débats :
Questions controversées : En 2024, une question du MIR a créé une vive polémique en semblant, selon plusieurs sociétés scientifiques d’Attention Primaire, responsabiliser les médecins de famille pour les problèmes du système de santé national. Bien que le Ministère ait demandé son retrait, la Commission d’Évaluation a maintenu la question.14,15
Annulation de questions : Il est fréquent que plusieurs questions soient annulées après publication des résultats provisoires. En 2024, cinq questions du MIR ont été annulées dans les réponses définitives.16
Pression politique : Le gouvernement de la Communauté de Madrid a vivement critiqué la gestion du MIR 2026, dénonçant un manque de rigueur qui pourrait compromettre l’incorporation des nouveaux résidents dans les centres de formation.17
Comment fonctionne le système d’attribution des places ?
Après l’examen, un processus complexe débute :
- Publication des réponses provisoires : environ 3 jours après l’examen
- Résultats provisoires : début février
- Résultats définitifs : mars
- Choix et attribution des places : avril-mai (système mixte électronique et présentiel à Madrid)
- Incorporation dans les hôpitaux : mai-juin
La note finale combine la performance à l’examen (90%) et le dossier académique universitaire (10%). Les candidats choisissent ensuite leur spécialité et leur hôpital selon leur classement.
Comparaison avec la France : Le système français a également évolué vers plus de complexité. Depuis 2024, le classement ne se fait plus de manière unique mais par groupe de 13 spécialités. Un étudiant peut être bien classé dans une discipline sans que ce soit celle qu’il souhaite poursuivre. La procédure d’appariement (ou « matching ») permet de concilier les vœux des étudiants avec les places disponibles, créant un système plus nuancé que l’ancien classement unique.
Pourquoi s’intéresser au test MIR en tant qu’étudiant français ?
Pour les étudiants français souhaitant étudier ou exercer la médecine en Espagne, comprendre le système MIR est essentiel.
- Si vous obtenez votre diplôme en Espagne (niveau Bac+6) ou si votre diplôme français est homologué, vous devrez passer ce concours pour accéder à une formation en spécialité médicale en Espagne.
- Pour ceux qui ont étudié en Espagne et souhaitent rentrer en France, deux parcours sont possibles. Vous pouvez compléter votre formation en Espagne en passant le MIR et en y effectuant votre résidence. Une fois votre titre de spécialiste espagnol obtenu, vous pourrez le faire reconnaître en France sans passer les épreuves nationales (mais en effectuant d’autres démarches). Autre option : rentrer en France après vos six premières années d’études pour y faire votre internat. Dans ce cas, vous devrez obligatoirement passer les EDN et les ECOS français, au même titre que les étudiants formés en France.
Quelle que soit l’université où vous avez étudié en Espagne, publique ou privée, tous les diplômés passent le même MIR dans les mêmes conditions. C’est ce concours unique qui détermine l’accès à la formation spécialisée, sans distinction d’origine universitaire.
Points clés à retenir pour les étudiants français :
- Le MIR est obligatoire pour exercer comme spécialiste en Espagne, quelle que soit la spécialité
- Les étudiants du privé et du public passent le même examen dans les mêmes conditions
- La concurrence est importante : presque deux candidats par place en médecine
- Le système est différent du modèle français : un seul examen QCM vs. un système mixte EDN + ECOS en France
- L’échec au MIR peut signifier devoir renoncer à exercer en Espagne ou accepter de partir à l’étranger
- Téllez, L. H. (2026, 22 janvier). Instrucciones para realizar el examen MIR 2026 : horario, materiales y artículos prohibidos. Infobae. ↩︎
- https://www.consalud.es/formacion/instrucciones-presentarse-examen-mir-eir-pir-fir-bir-qir-rfir.html
Blanco, S. (2025, 17 janvier). Sanidad publica las instrucciones para presentarse al examen MIR, EIR, PIR, FIR, BIR, QIR y RFIR. ConSalud. ↩︎ - Oposiciones, J. M. G.-. E. S. E. E. (2026, 14 janvier). Examen MIR 2026 : todo lo que debes saber. MAD – Blog. ↩︎
- Arrêté du 21 décembre 2021 relatif à l’organisation des épreuves nationales donnant accès au troisième cycle des études de médecine, JORF n°0301 du 28 décembre 2021, NOR : ESRS2138083A, dernière mise à jour le 27 juillet 2025. ↩︎
- Macsf. (2025, 1 octobre). EDN 2025 : format, épreuves et accès à l’internat | MACSF. MACSF.fr. ↩︎
- Camacho, L. (2026b, janvier 21). Arranca un MIR 2026 caótico : lo que tienes que saber sobre el examen que marcará el futuro de miles de médicos. elconfidencial.com. ↩︎
- Reina, C. V. (2025, 29 décembre). MIR 2026 : todo lo que debes saber a menos de un mes para el examen. Gaceta Médica. ↩︎
- Reina, C. V. (2025a, août 27). Medicina de Urgencias : así arranca la especialidad más esperada del sistema MIR. Gaceta Médica. ↩︎
- SOCIEDAD ESPAÑOLA DE MEDICINA DE URGENCIAS Y EMERGENCIAS (SEMES). (2023, 21 septembre). SEMES MIR – SEMES. SEMES. ↩︎
- Isanidad. (2026, 16 janvier). Sanidad publica las listas definitivas de admitidos al MIR 2026. iSanidad. ↩︎
- Camacho, L. (2026a, janvier 16). Nuevo » ; despropósito » ; en el examen MIR : las listas de los admitidos llegan tarde y con nocturnidad. elconfidencial.com. ↩︎
- Buenosvinos, D. (2026, 5 janvier). Mónica García lleva el examen MIR al colapso : renuncia de los médicos encargados de redactar las preguntas. okdiario.com. ↩︎
- RodrÍ ; Guez, D. D., & RodrÍ ; Guez, D. D. (2026, 17 janvier). Madrid carga contra el Gobierno por la gestión del MIR 2026 y alerta de riesgos para los residentes. ElDiariodeMadrid.es. ↩︎
- SEMERGEN | SEMERGEN lamenta la desafortunada pregunta del MIR 2024 en la que se responsabiliza a los médicos de los problemas del SNS y pide respeto hacia los profesionales. (s. d.). ↩︎
- Mons, N. (2024, 22 janvier). La polémica pregunta del examen MIR 2024 que enciende a los médicos: « Es intolerable » ; ELMUNDO. ↩︎
- Pereira, I. (2024, 6 février). Las respuestas definitivas anulan cinco preguntas del examen MIR y tres nuevas del EIR. Gaceta Médica. ↩︎
- Efe, & Efe. (2026, 17 janvier). Madrid denuncia « inacción y falta de rigor » del Gobierno central ante el examen MIR 2026. El Mundo. ↩︎
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